Critique: Battle Royale

Faut-il encore présenter le chef d'œuvre de Kinji Futasaku sorti fin 2001 en France (2000 au Japon), adaptation du roman du même nom écrit par Koshun Takami.
Dans un futur proche, le Japon est au plus mal. Le gouvernement a mis en place une nouvelle loi pour réguler la population d'une façon assez spéciale, le Battle Royale: Une classe est choisie au hasard pour participer de force à un jeu dont le but est d'être le dernier survivant... Cette année, les élèves de 3ème B de Shiroiwa croyant partir en voyage de fin d'année sont en route pour l'enfer.
On suit l'action principalement à travers le regard de Shuya Nanahara (interprété par Tatsuya Fujiwara, également Kira dans le film Death Note), adolescent bouleversé par le suicide de son père et incompréhensif face au monde des adultes qui dégénère. Les 42 élèves sont donc emmenés sur une île abandonnée par un ancien professeur tombé dans la démence, mais pas d'inquiétude ! «Vos parents ont été prévenus. »…C'est parti pour un carnage cauchemardesque où tout est permis pour survivre…
La terreur augmente au fur et à mesure que la confiance entre les élèves décroît et elle va les mener à commettre l'irréparable. On retiendra ici la scène du phare qui finit en boucherie pour une histoire de hache planté dans la tête par mégarde et de poison saupoudrée dans la mauvaise assiette. Comment réagir lorsque nos seuls choix sont tuer ou être tué et qu'il n'y a aucune échappatoire ? Cette question est donc l'un des grands enjeux auquel le film répond en associant une grande violence (interdit -16 à sa sortie en salle) à une étrange atmosphère résolument poétique. Mais le réalisateur japonais, ne se contentant certainement pas d'un simple film d'ho
rreur, présente surtout une satire de la société nippone en utilisant un humour noir cinglant. C'est donc un film très riche qu'il est plaisant de voir et revoir à volonté. Ce à quoi vient s'ajouter une musique magnifique. Le morceau Requiem du prologue plonge le spectateur dans une ambiance inquiétante, voire angoissante. A contrario, des morceaux plus entrainants, tels que ceux utilisés par exemple lorsque le professeur Kitano annonce les rapports de décès, avec du Strauss et du Bach notamment, accentue le décalage face à la cruauté de la situation, renforçant son absurdité.
Takeshi Kitano est remarquable dans le rôle de l'ancien professeur vicieux, cynique, et insensible à l'horrible fatalité avec laquelle il condamne ses élèves, savourant sa vengeance envers des jeunes qui avaient perdu le sens du respect de la société des adultes.
A noter que la version française du doublage, reste toutefois convaincante bien que doubler du japonais avec du français demeure un défi rarement relevé correctement...
Tant d'éléments qui font de cette production japonaise un film décidément culte qu'il ne faut pas hésiter à savourer si ce n'est pas déjà fait !
Film : Battle Royale,



